jeudi 28 août 2008

Valse avec bachir

Mais que fait le capitaine stupide, notre fidèle chroniqueur de la bande des cinés!!! pas un mot sur l'adaptation en BD du meilleur film d'animation 2008 par Casterman. Encore au mykonos!?

La sortie est prévue pour janvier 2009 en parallèle de celle du DVD. Hum ça sent bon les pépettes!
Par chance le dessin sera supervisé par le directeur d'animation du film Yoni Goodman.
J'espère qu'on retrouvera le graphisme qui était vraiment bluffant : alternance entre les entretiens avec d’anciens soldats, des images rapides, comme des flashs, et des ralentis prenants, nous laissant le temps de se plonger dans le vécu de ces jeunes soldats. Pas moins de 2300 dessins ont été utilisés pour le story board qui par la suite ont servi à l'animation. Fin mélange d'animation flash, d'animation classique et de 3D.
Donc RDV en 2009, en attendant jetez un coup d'oeil sur le site officiel du film ici.



STRASBULLES 2008

A l'initiative d'Alsace Bande Dessiné est né le projet d'organiser un festival à Strasbourg, STRASBULLES 2008, dont l'ambition clairement affichée est de devenir un grand rendez-vous incontournable de la Bande Dessinée! en Alsace on a le sens de la modestie, non?
Donc du 1 au 25 septembre un beau programme vous attends : expositions, rencontres, conférences et dédicaces bien sûr...Seront présents entre autres Fmurrr et Ptiluc pour les anciens, Vanoli et José-Louis Bocquet (Kiki de Monptarnasse) pour les expérimentés, et, pour les jeunes loups Boulet, Ruppert et Benjamin Adam.
A ne pas rater le laboratoire de la micro-édition avec l'édition du « Fanzine du Laboratoire » (impression et reliure sur place) pendant tout le Festival avec participation de tous les auteurs présents (interviews, dessins). Arrêtez-vous également sur le stand des micro-éditeurs (Institut Pacôme, Troglodyte...des excellents collectifs strasbourgeois), c'est toujours sympa de discuter avec eux. Et enfin un comptoir des indépendants sera proposé par les librairies USAGE DU MONDE, TOTEM, PARENTHESES, LIBR’AIR.

Pour plus d'infos un p'tit coup mulot par là STRASBULLES 2008.






lundi 25 août 2008

THE DARK KNIGHT (2008)

Et voici enfin surgir le DARK KNIGHT, depuis des mois fantasmé, que les à-côtés extra-cinématographiques (tournage cahotique à Hong-Kong, décès d'Heath Ledger, légendaires recettes au box-office américain) ont presque détourné de l'essentiel : le film lui-même, annoncé par la rumeur bruissante, mine de rien et depuis quelques temps, comme sommet de ce genre si particulier que constitue le film de super-héros.

Quoique, à bien constater... De film de super-héros, il n'est, à la limite, même plus question. Sauf si la définition englobe ce que la catégorie a intégré depuis les oeuvres de Miller ou Moore qui, ayant extrait le genre du divertissement pour ados, l'ont, pour toujours, installé au sein d’un réalisme jamais vu jusqu'alors : lui faisant prendre en compte le monde qui l'entoure et la société dans lequelle il évolue, loin des atermoiements autistiques de la majorité de la production. Soit ce qu’on attend de toute oeuvre d’art qui se respecte.

Trois ans après BATMAN BEGINS, ce qui en effet, d’entrée, frappe ici est la nette rupture stylistique entre le présent produit et son prédécesseur. Là où le premier volet (refonte réussie de l’univers du chevalier noir afin de relancer une franchise laissée moribonde par les délires campy de Joël Schumacher) irriguait ses plans d’une certaine tonalité comics, le parti-pris réaliste de la séquelle oriente délibérément celle-ci vers le polar hardcore plus que l’adaptation de bédé proprement dite. Les modèles avoués n'étant désormais plus tant les précédentes tentatives de retranscriptions de personnages tel qu’ils existent sur papier que le film noir le plus pur. Ou comment sortir le tout de l'univers "fantasy" pour le faire entrer dans la vraie vie.

C’est la direction, couillue ô combien, adoptée par Nolan : une étonnante radicalité qui fait le prix et la singularité de ce nouvel opus, étrange objet contre-nature - presque mutant, qui ne ressemble du coup, en rien, à aucune autre adaptation l'ayant précédé. Y sont plutôt évoqués Michael Mann (référence presque avouée par la séchéresse du ton et l'hommage à HEAT en séquence d’ouverture) ou surtout, de manière plus surprenante (ou pas tant que ça, en fait) les films noirs (au sens large du terme) des années 70.

Y naviguent les mêmes ambiances d’angoisse urbaine, froideur et paranoïa qui instaurent une noirceur propre à délibérément faire dériver le tout vers des contrées jusqu'alors inconnues du genre. Et permettent à Nolan d'installer des thématiques inédites à ce niveau. On parle ici de légitimité de mission, de vengeance, de schizophrénie, de terrorisme, de responsabilité, de rapport au citoyen... Tous ces grands Thèmes que le cinéaste parvient à amener sur scène sans que jamais ne soit pour autant remise en cause la fonction première du film, blockbuster estival avant tout. Exactement comme les films commerciaux "nobles" des années 70 (on pense à Sydney Pollack ou Don Siegel) qui se permettaient de poser des enjeux tout en assumant leur nature de pur divertissement.

Le jusqu'au-boutisme des auteurs installe DARK KNIGHT comme véritable reflet de son époque : d’un sombre presque perturbant pour un tel produit grand public, d’une densité narrative à la limite de l'étouffant, qui accumule sans faillir les péripéties jusqu’à risquer de perdre en route le spectateur (même si on soupçonne, en l'état, la version de trois heures originellement désirée par le metteur en scène de légitimement rendre justice à un rythme en l’état trop précipité et qui menace de rompre à tout instant. A vérifier sur une future édition Dvd ?). Danger que le réalisateur assume pleinement, dans son parti-pris de débatte des sujets qu'il souhaite voir traités sans forcément apporter de réponses, de laisser irrésolu le combat intérieur de ses protagonnistes, de refuser la facilité narrative et bannir tout happy-end...

Dommage que le pari ne soit pas totalement tenu, l'ensemble accusant un net fléchissement aux deux tiers du parcours. Peut-être en partie parce que le studio a mis son nez dans l'histoire. Certainement parce que Nolan reste Nolan : artiste plus doué pour la théorie que la pratique, prenant en main des sujets prometteurs auxquels il peine à donner l'ampleur qu'on pourrait en attendre. Si la noirceur et l'état des lieux psy qu'il infuse au dyptique BATMAN assurent à celui-ci une maturité inédite, il ne se départit pas non plus des défauts observés dans les autres oeuvres du cinéaste : une certaine distance, un manque de chaleur, une frigidité presque qui en font des objets d'admiration plus que de réelle passion, plus intéressants à analyser que foncièrement vivants. Qui, aussi pertinants soient-ils, manquent toujours un peu de folie, de démesure, de vie en somme...

Ce n’est évidemment pas pour rien que les moments les plus forts du film concernent les apparitions du Joker, agent du chaos, qui, presque seul, vient déranger le tout et mettre un peu de piment dans un ensemble un poil trop sage. Grâce soit rendue à Heath Ledger d’avoir saisi l’essence moite et morbide d’un personnage qui bouffe chaque plan dans lequel il apparait et laisse le film un peu orphelin dès lors qu’il n’est plus à l’image. On peut regretter qu’il n’ait pas plus contaminé de sa présence anxiogène un ensemble dès lors un poil trop poli.

Pas de quoi gâcher la fête non plus. Par son traitement délibérément adulte, son faux-rythme à rebours du blockbuster d’action lambda et sa noirceur assumée, ce DARK KNIGHT constitue peut-être ce que les adaptations de comics ont offert de mieux. Rendant justice à la vision hardcore d'un Miller enfin retranscrite de façon fidèle. L'ensemble permet au Caped Crusader d’y apparaître tel qu’on a toujours révé de le voir sur grand écran, devenant ce qu'il aurait toujours du être : une sorte de relecture geek du DIRTY HARRY de Siegel avec un Christian Bale en costume de carnaval en lieu et place de la figure mormoréenne d’Eastwood.

Et si Nolan n’a pas (encore) réalisé le grand film coriace et ambigu sur lequel on fantasme, disons qu’il s’en est, en l’état, approché plus que jamais personne avant lui. Et qu'il est tout à fait permis de se demander dans quelle direction il va désormais emmener son héros. C’est dire si on est curieux de découvrir ce que réserve la suite de ses aventures...

dimanche 15 juin 2008

Début des hostilités

A croire que ce blog devient celui exclusif du vigilante de chez Marvel, le studio décidant, au fur et à mesure qu'approche la sortie, de mettre le paquet sur la promo...

Quelques semaines après l'affiche (voir news précédente), c'est donc au tour du premier teaser de débarquer (ici : http://www.superherohype.com/news/punishernews.php?id=7337) et c'est une surprise de constater que celui-ci remplit plus que largement sa fonction.
Violence graphique, acteur à priori convaincant, séquences d'action XL, étonnante photo très comics... Le tout annonce une ambiance qui, bien que loin des épopées funèbres signées Garth Ennis, promet de délibérément prendre le contre-pied de la vision de Jonathan Heinsleigh et mieux rendre justice à la figure de Frank Castle.

D'où l'apparition de questions frôlant le métaphysique. Et si, malgré tout ce qu'on a pu dire (de mal), Lexi Alexander parvenait à réaliser ce qui semblait à priori tout bonnement impossible : offrir un chouette petit film parvenant enfin à restituer (même partiellement) sur grand écran la démesure du super anti-héros ?...
Et surtout : M. Nico va-t-il enfin sauter le pas et se décider à se faire tatouer sur le torse le célèbre logo ? Afin de légitimement l'arborer lors de la sortie, comme le fan ultime qu'il prétend être.
Tout le monde attend... ;-/

mardi 27 mai 2008

La punition du spectateur

C'est un fait : le PUNISHER de Jonathan Heinsleigh (2004) est une purge comme on subit rarement - du genre à faire honte à ses concepteurs comme à ses spectateurs. L'une des pires adaptations de comics jamais conçues, que même Avi Arad (big boss de chez Marvel, pourtant peu regardant sur la qualité de ce qu'il produit) doit avoir du mal à assumer.

Tellement en fait, que lors la mise en chantier de l'inévitable séquelle (box-office, quand tu nous tiens), il a désigné la porte à toute l'équipe du premier film, chargeant leurs successeurs de la délicate mission de rehausser le niveau sous peine de s'aliéner à vie les fans de l'anti-héros (challenge, d'un autre côté, pas si complexe dans la mesure où faire pire semble tout bonnement impossible).

C'est Lexi Alexander (HOOLIGANS) qui relève le pari, aidée en sa lourde tâche par Ray Stevenson (découvert en soldat romain bas du front dans la série t.v. "Rome") qui ne pourra qu'incarner un vigilante plus crédible que Thomas Jane en son temps.

Vient d'ailleurs à ce propos de surgir, comme une note d'intention on ne peut plus claire, le premier poster du film qui, reproduisant le célèbre logo à l'aide d'impacts de balles, annonce la couleur à venir : on n'est pas là pour rigoler, Frank Castle revient et vous allez voir ce que vous allez voir ! Vu que c'est peu ou prou le même discours que celui tenu en son temps par Heinsleigh (lequel convoquait même les fantômes de Siegel et Peckinpah pour tenter d'asseoir la légitimité de son oeuvre. Tss, tss... Art, que de crimes ne commet-on en ton nom), on attendra une matière un peu plus consistante avant de se faire une première idée (à l'exception de M. Nico pour qui le film est déjà le meilleur de la décennie à venir, voire de la suivante).

Même s'il faut avouer que l'image, en l'état, a plutôt de la gueule...

lundi 26 mai 2008

Le loup des steppes

Si BATMAN : DARK KNIGHT sera sans conteste l'événement de cette année, WOLVERINE semble bien parti pour remplir cette tâche en 2009. Premier spin-off de la franchise X-MEN à voir le jour, écrit par David Benioff (TROIE) et réalisé par Gavin Hood (RENDITION) , le film relatera, comme on s'en doute, la génèse de notre ami à l'étrange coiffure et s'appliquera à détailler par le menu comment il est passé du stade de militaire aigri à celui de machine à tuer qui fait invariablement sonner tout portique d'aéroport sous lequel il passe (peu ou prou les événements racontés dans "L'arme X", en somme).

Mais ce qu'on prenait pour un alléchant projet d'action destiné à enrichir les caisses du studio, prend en fait, au fur et à mesure de son développement, toutes les allures d'une super-production propre à repousser toute limite en terme d'adaptation. Outre la jeunesse de Serval, l'ensemble fera en effet intervenir une pléïade de personnages, véritable orgie de super-héros qui promet d'en faire une monumentale saga à l'intérieur d'un même film !

Si, secret quasi-militaire oblige, rien n'a encore filtré du script, ça n'empèche nullement les geeks de la planète de traquer les moindres infos distillées au compte-goutte par une Fox qui a depuis longtemps tout compris de la promo sur le web. On sait ainsi, à l'heure présente, que se cotoieront, sur un cinémascope extra-large, pas moins que :

- Hugh Jackman, bien sûr, qui a repris l'entrainement afin de faire craquer ses débardeurs et une nouvelle fois réendosser la défroque du mutant soupe-au-lait qui a fait de lui une star. Ca tombe bien : on ne veut personne d'autre pour le rôle.

- Liev Schrieber (UN CRIME DANS LA TETE), excellent acteur au demeurant mais dont peut intriguer le choix pour incarner Sabretooth (joué par cette bestiasse de Tyler Mayne dans le premier épisode) tant il est loin de posséder la carrure de son modèle. Figure dont le duel avec Wolvie constituera à n'en pas douter la moëlle du film (avec au programme, on l'espère, de nombreux combats des plus hargneux).

- Lynn Collins (LE NOMBRE 23) qui, en Silver Fox (ancienne terroriste de l'Hydra puis officielle petite amie de Logan), assurera le quota charme du casting.

- Ryan Reynolds (à qui les fans de comics vouent une haine légitime depuis sa prestation dans BLADE TRINITY) dans le role de Deadpool, l'un des persos les plus intéressants de ce nouvel opus - si riche en fait qu'il mériterait son propre film (ce qui, en cas de succès, n'est évidemment aucunement exclu) : mercenaire à l'humour corrosif que l'expérimentation du programme X, si elle guérit son cancer, laisse défiguré et pour le moins mentalement dérangé. Rôle en or sur lequel Reynolds n'a absolument pas le droit de se louper !

- Dominic Monaghan (LE SEIGNEUR DES ANNEAUX) qui sera Bec, mutant à la tête d'oiseau dont surprend la présence dans le présent film puisqu'il n'est qu'une figure annexe de l'univers X-Men.

- Danny Huston (digne fils de son père John et récemment aperçu en chef des vampires dans 30 JOURS DE NUIT) qui hérite du rôle de William Stryker (incarné par Brian Cox dans X2), sans qu'on sache encore s'il sera général (comme dans le film de Singer) ou révérand (comme dans le bédé d'origine).

- Daniel Henney (NEW POLICE STORY) dans l'uniforme de l'Agent Zero, soldat faisant partie du projet "Arme X" et dont les particularités (peau qui ne sécrète aucune odeur, force physique surmultipliée) en font un adversaire particulièrement retors pour Wolverine.

- Taylor Kitsch (LE PACTE DU SANG) qui endossera la défroque du cajun Remy Le Beau alias Gambit : là encore, un perso des plus riches, charmeur, expert en combat de rues, dôté d'un pouvoir d'énergie qui lui permet de balancer puis faire exploser n'importe quel objet. Sans compter ses cartes à jouer qu'il balance à tout bout de champ avec une classe sans égale.

- Will. I. Am (rappeur de Black Eyed Peas) a.k.a. Kestrel, mutant pour qui la téléportation n'a aucun secret et qui, selon le metteur en scène, personnifie déjà dans la vie, au niveau du look, son personnage de manière idéale (ben tiens, comme c'est pratique).

- et quand y en a plus, y en a encore ! Last news from the set : Kevin Durand (MI$E A PRIX) vient de rejoindre le tournage afin de se glisser dans la peau adipeuse du Blob, supra-méchant dépassant la demi-tonne...

Distribution quatre étoiles qui réserve peut-être encore quelques surprises puisque sont annoncées de possibles apparitions d'autres mutants, tel Cyclope (sans qu'on sache au juste où finit l'info et où commence la rumeur)...

Autant dire que le metteur en scène, à qui aucune erreur ne sera pardonnée et chez qui on ne tolérera pas la moindre faiblesse, hérite du plus gros morceau qui puisse actuellement se faire en terme de comic-book movie. En lui souhaitant d'être aussi imperméable que possible à la pression de fans qui fourbissent leur fatwa en cas de raté...
Histoire d'encore faire la montrer d'un cran la température, Jackman himself a annoncé que la tonalité de l'ensemble serait plus sombre que celle de la trilogie originelle, comparant celle du film à venir à la noirceur parcourant BATMAN BEGINS (des fois qu'on n'était pas encore assez impatient)...

Sortie U.S. le 1er mai de l'année prochaine (oui, ça fait loin...).

mardi 20 mai 2008

IRON MAN de Jon Favreau (2008)

Alors, que nous réserve cet IRON MAN qui fracasse le box-office mondial et remet sur les rails une enseigne Marvel bien amochée par une succession de produits qui ne lui ont guère rendu justice (euphémisme) et ont, du coup, permis à DC d'occuper ces dernières années le devant de la scène grace à ses oeuvres dignes et matures (BATMAN BEGINS, SUPERMAN RETURNS) ?

Eh bien, on se permettra de quelque peu tempérer les avis ultra-positifs qui parsèment la presse et les forums de fans, laissant entendre que nous est offert l'une des plus précieuses pellicules jamais accouchées depuis l'avénement du cinéma parlant.
A croire qu'échaudée par la récente tenue de toute production estampillée Avi Arad (F4, ELEKTRA, GHOST RIDER, ce genre de choses), la majorité, surprise d'avoir sous les yeux quelque chose de simplement regardable, en a oublié toute réserve et recul critique.

Alors non, le film ne représente pas plus la tuerie annoncée qu'il se révèle être la meilleure adaptation de comics existante (comme on a abusivement pu l'entendre. Comme si BLADE ou les premiers X-MEN n'avaient pas existé. Un peu de sérieux, tout de même).
Puisqu'il semble qu'à part les exceptions pré-citées, toute pellicule en provenance de chez Marvel s'inscrit dans un cadre plus hollywoodien que son concurrent direct. Plus commercial, en somme, le présent film ne dérogeant pas à la règle et livrant au final un produit plutôt standard et relativement inoffensif - eu égard à ce que promettait le matériau de base. Tant pis pour ceux qui révaient d'une vision adulte et coriace du sujet, s'attendant à voir traités l'alcoolisme de Tony Stark ou les passages les plus sombres de la saga de l'homme de fer... N'oublions pas que l'homme derrière la caméra est le réalisateur d'ELFE et ZATHURA (divertissements familiaux tout ce qu'il y a de rose et gentil), dont les intentions s'éloignent assez de celles d'un Frank Miller.

Ce qui ne signifie pas que le tout ne soit pas recommandable, bien au contraire : IRON MAN, fun et sans prétention, se hissant facilement un net cran au-dessus des derniers produits issus de la galaxie Marvel... Il suffit juste de savoir où on met les pieds.
L'ensemble se suit donc agréablement et remplit le cahier des charges attendu (naissance du héros, première mission, baston finale...) de façon correcte et sans trop d'ennui. Enfin, au début surtout, qui s'attarde sur la génèse et motivations du super-héros en devenir. Principalement grace à la prestation d'un Robert Downey Jr en pleine forme, impeccable en play-boy cynique et qui personnifie Tony Stark comme rarement un acteur s'est approprié un personnage.

Moins lorsque le script balisé l'oriente vers un tout-action pas désagréable mais somme toute plus convenu. Le tout-venant de la production U.S. en la matière, que la mise en scène plutôt impersonnelle de Jon Favreau n'élève pas au-dessus de l'honnête produit de série soigné.
On sait cependant gré à ce dernier d'adopter un ton oscillant entre premier et second degré qui l'empèche de se prendre démesurément au sérieux. Et parvient même, en quelques occasions, (lors des vols de l'homme de fer, notamment), aidé par la tonitruante musique de Ramin Djawadi, à faire partager une communicative jubilation comme rarement une adaptation de comics a su en faire instaurer, nous rappelant ce pourquoi on se précipite sur ce genre de film : voir bouger pour de vrai, sur grand écran, un héros qui a rythmé notre enfance (voire après, pour certains). D'autant que l'armure déchire grave !

Et s'il ne vous fait rien de subir le générique de trois plombes (jusqu'à vous retrouver seul dans la salle. Avec la caissière du ciné qui n'attend que vous pour fermer boutique et enfin rentrer chez elle), vous serez récompensé par l'apparition d'un Samuel Jackson (alias la classe incarnée) qui annonce, de la meilleure des façons, la séquelle/spin-off à venir et prouve, si besoin est, qu'il incarnera un Nick Fury des plus éclatants.
On aura de toute façon beau dire : un film qui vous balance du Black Sabbath sur son générique final ne saurait, malgré tous ses défauts, être à déconseiller...

P.s. : spéciale dédicace à Stan Lee dont les apparitions frôlent désormais le génie pur. Cet homme est décidément grand !