dimanche 20 février 2011

L'arme fatale


Il n’y en a décidément, du côté des adaptations, en ce moment quasiment que pour Marvel !
Et encore leur news concernent-elles presque exclusivement LES VENGEURS dont tous les super-héros devant composer la future Dream Team annoncent un film sur le point de sortir ou au tournage prêt à démarrer.

Au menu d’aujourd’hui : cette vieille boîte de conserve sang et or d’IRON MAN, dont les pérégrinations ont déjà donné lieu à deux volets de qualité fort dissemblable.
L’année dernière ayant, en effet, vu une suite aussi brouillonne que dispensable succéder à un fort sympathique premier volet.
Résultat à ce point décevant que le studio a décidé de faire le ménage en se délestant de Jon Favreau, jusqu’alors réalisateur attitré de la franchise.

La relève n’aura cependant guère tardé puisqu’on a, pas plus tard qu’avant-hier, appris que Shane Black avait été convoqué afin d'écrire et diriger le troisième épisode des aventures du milliardaire alcoolique.
Mister Black (on le rappelle pour les gens qui ont une vie en dehors des salles obscures) n’est autre qu’une des icônes des adorateurs du cinoche de genre : scénariste de L’ARME FATALE de Richard Donner, LE DERNIER SAMARITAIN de Tony Scott, LAST ACTION HERO de John McTiernan ou encore AU REVOIR, A JAMAIS de Renny Harlin.
Parfaits exemples de pellicules qui allient, en un équilibre instable mais par instants jouissif, l’amour de la série B burnée à des dialogues parfois dignes d’Audiard.
Notre homme ayant, en 2005, effectué ses premiers pas de metteur en scène avec KISS KISS, BANG BANG, chouette film noir semi-parodique qui mettait en vedette un certain Robert Downey Jr alors à l’orée de son come-back.

On imagine ainsi que l’amitié des deux hommes a, au moment du choix de Marvel, au moins autant pesé dans la balance que la dévotion du scénariste-culte envers les comic-book : lui qui a, ces dernières années, annoncé des adaptations de DOC SAVAGE et DEATH NOTE (d’après le manga éponyme).
Sans compter le mythique SGT ROCK de John McTiernan auquel il fut longtemps rattaché...

Si l’homme n’a pas encore fait ses preuves dans le domaine de l’action pure, on peut, par contre, compter sur lui pour faire abonder dans la bouche du cynique Tony Stark les meurtrières punchlines dont il en a le secret.
Et ainsi redonner à l’homme de fer le côté suprêmement cool qui faisait la saveur du premier film et qui s’était mystérieusement égaré au cours de sa séquelle…

vendredi 18 février 2011

Appelé à régner


La folie du « reboot » a, depuis déjà quelque temps maintenant, contaminé les studios hollywoodiens.
Lesquels, non content d’effectuer des remakes à tout-va, n’en finissent plus de relancer des franchises à travers des produits aussitôt reniés en cas d’insuffisant succès.

Comme le HULK de Ang Lee, en quelque sorte annulé par celui de Louis Leterrier et qui va encore changer d’incarnation (Mark Ruffalo remplaçant Edward Norton) dans le déjà mythique film des VENGEURS à venir (voir news du 12/02).
Ou le SUPERMAN de Bryan Singer, dont la Warner a officiellement annoncé que le prochain film ne tiendrait aucun compte.

Mais si la pratique a, jusqu’ici, forcément touché des produits commercialement décevants, il n’en est pas de même concernant SPIDERMAN puisque la trilogie de Sam Raimi peut fièrement afficher son milliard d’euros de recettes mondiales…

Lassitude d’un réalisateur bridé dans sa folie post-EVIL DEAD ? Excessive gourmandise financière des acteurs ? Brouille générale entre les participants de l’affaire ? Lucidité des producteurs devant le dangereux déclin qualitatif de la série (déjà pas bien terrible au départ) ?

Le fait est que Marvel a décidé de, purement et simplement, passer l’éponge sur sa franchise la plus lucrative en repartant à zéro et, dans la foulée, annoncer THE AMAZING SPIDERMAN, film (si on a bien saisi) à nouveau centré sur les origines du super-héros.

Choix plus surprenant encore : c’est, pour ce faire, le quasi-inconnu Marc Webb (clippeur pour Green Day passé à la réalisation avec la comédie romantique 500 JOURS ENSEMBLE) qui hérite du trône autrefois occupé par Raimi.
Tandis que les jeunots Andrew Garfield (récemment révélé dans THE SOCIAL NETWORK de David Fincher) et Emma Stone (elle apparue dans SUPERGRAVE : ce qui a même une autre gueule) héritent des emblématiques rôles de Peter Parker et Gwen Stacy.

S’il est légitime de s’interroger sur le bien-fondé de refaire un produit qui accuse à peine ses dix ans d’âge, avouons que les premières photos intriguent en affichant un Spidey dont le nouveau costume (en apparence plus réussi que son prédécesseur) laisse - possiblement - entrevoir une orientation plus sombre que les films de Raimi.

Ne reste donc désormais plus qu’à attendre le premier teaser, histoire de se faire une plus précise idée du tout…

mercredi 16 février 2011

Verts pâturages


On croit constater qu’en l’absence de ses deux figures-phare (Batman et Superman, pour ne pas les nommer), Dc Comics se retrouve, au moment de lancer ses adaptations au cinéma, actuellement quelque peu dépourvu face à son frère ennemi Marvel.

Du coup contraint, en attendant le retour de ses stars (le Chevalier Noir pour un troisième volet dores et déjà attendu comme le meilleur film jamais réalisé. Le natif de Krypton pour un reboot dont on peut craindre le pire), de puiser dans son vivier, parmi de moins illustres noms, afin de s’opposer à son historique concurrent.

Mais alors qu’on pensait voir débarquer un FLASH (auquel David Goyer a longtemps été rattaché) ou une JUSTICE LEAGUE (orchestrée par George Miller), c’est finalement GREEN LANTERN qui a été choisi afin de porter sur grand écran l’étendard de son éditeur.

Ainsi donc, chaque parcelle de l’univers possède sa Lanterne Verte, sorte de garant de l’ordre qui tire son pouvoir d’un anneau magique, lequel (par le prisme d’une énergie de lumière verte) lui permet de créer tout ce que l’imagination permet de concevoir.
A la condition que la force psychique du porteur soit suffisamment puissante pour en supporter les effets.
Comme ne va tarder à le découvrir Hal Jordan, beau gosse à qui un extra-terrestre à l’agonie remet son anneau, faisant de lui le nouveau Green Lantern du secteur…
Résumé (express) d’un personnage fort atypique qui permet de se demander à quoi carburent parfois les scénaristes de comic-book.

Emballé par le fort capable Martin Campbell (auteur de sympatoches séries B comme ABSOLOM 2022 ou VERTICAL LIMIT et responsable du come-back de James Bond avec CASINO ROYALE), le tout semble, en tous cas, avoir de quoi assurer son quota d’objet fun et sans prétention.
Le genre à déguster, en compagnie de sa tendre et chère (pour le coup bien conciliante), un samedi soir, dans le multiplexe le plus proche...

C’est du moins ce qu’on pouvait penser AVANT de visionner le trailer, concentré de laideur et de mauvais goût, dont les effets numériques (dont on ne peut que souhaiter qu’ils ne soient pas ceux qui apparaîtront dans la copié définitive) et l’humour bas-du-front ressuscitent quelques-uns des plus mauvais souvenirs de l’Histoire des adaptations (GHOST RIDER en tête).

Avec pour résultat de, du coup, subitement couper l’envie (déjà toute relative) ressentie envers le produit.
On aura beau dire, c’est quand même dingue à quoi ça tient…

lundi 14 février 2011

Ellis, hélas


A juste titre considéré comme l'un des meilleurs scénaristes en activité, l'anglais Warren Ellis (qui a signé d'innombrables joyaux ayant pour titres "Transmetropolitan", "Fell", "The Authority", "Desolation Jones" et tant d'autres), a, comme quelques collègues avant lui (on pense bien évidemment à son compatriote Alan Moore), franchi le grand écart qui le sépare de la littérature et tenté l'exercice du roman.
Paru l'année passée aux éditions Au Diable Vauvert, "Artères souterraines" se présente ainsi comme un polar picaresque dont le ton (alliant démence, ultraviolence et humour tordu) ne dépaysera pas les fans du bonhomme.

L'intrigue (un privé miteux se voit chargé par son gouvernement de mettre la main sur le texte original de la Constitution, rédigé avec de l'encre extra-terrestre) n'étant que prétexte pour, à travers une ambiance anar chère à l'auteur, effectuer une radiographie des années Bush.

On pense à Thomas Pynchon ("L'arc-en-ciel de la gravité") ou Chuck Palahniuk ("Fight Club") dans cette volonté de conter l'Histoire des Etats-Unis à travers le prisme d'un comique décalé.
Le hic, on le réalise assez rapidement, étant qu'un excellent scénariste de bédé ne fait pas forcément un bon auteur de roman.

Manque de rigueur ? De talent ? D'inspiration ?
Le fait est que le récit se réduit, après seulement quelques pages, à une accumulation de scènes inégales, sans jamais parvenir à dépasser la somme de ses parties.
Un ensemble par endroits réjouissant (Ellis reste un maître du dialogue). Mais aussi décousu, simpliste et au final un brin ennuyeux.
Handicapé par une absence de finesse et de cohérence qui, si elle peut s'adapter aux codes plus balisés du comic-book (d'autant plus s'il est secondé par un dessin à la hauteur), s'avère, dans le cas présent, bien moins convaincante.

Une tentative en somme un peu vaine, qui n'ajoute rien à la gloire de son auteur et à laquelle il sera permis de préfèrer "No Hero", "Red" ou "Wolfskin", dernières livraisons dans son domaine de prédilection - toutes, bientôt, en ces lieux chroniquées, si le démon de la flemme ne nous attire pas à nouveau dans son antre.
C'est qu'il est sacrément puissant, le salopiot...

http://www.warrenellis.com/

dimanche 13 février 2011

Marteau-piqueur


Ceux qui sont restés jusqu'au bout du générique d'IRON MAN 2 (faut-il qu'ils en aient eu envie) l'avaient compris : la prochaine figure à transposer sur la toile la mythologie en provenance de chez Marvel (et, lui aussi, ensuite intégrer cette décidément fort pléthorique équipe des Vengeurs) ne serait autre que Thor, l'un des super-héros les plus improbables de l'histoire des comics.

Demi-dieu viking rendu mortel et amnésique par son père Odin (soit-disant dans le but de lui apprendre l'humilité. Mesure pouvant sembler un brin démesurée mais, après tout, pourquoi pas : loin de nous l'idée de lui donner des conseils sur l'éducation de descendance), il évolue sur Terre sous les traits du docteur Donald Blake (guère de chance qu'il n'ait été balayeur, cela va sans dire).
Jusqu'à ce qu'il retrouve son marteau Mjölnir qui lui fait recouvrer une partie de ses pouvoirs et endosser le sens de responsabilités qui le mènent jusque sur Asgard, le monde des divinités nordiques...

Sûr qu'on est loin des ambiances purement urbaines généralement de mise dès lors qu'un personnage en collant se pique de rendre justice.
Ce qui peut autant s'avérer comme bonne chose (étant donnée la relative originalité du matériau de base) que mauvaise (si l'équipe en charge de l'ensemble se laisse déborder par l'outrancier kitsch qui menace de submerger chaque case de la bédé originelle)...

On ne sera, sans préjuger du résultat final, que malgré tout moyennement rassuré par la surprenante présence derrière la caméra de Kenneth Brannagh, plus connu pour ses pompières adaptations de Shakespeare que son amour des comics.

Cela dit, il faut avouer que le trailer (à qui on ne pourra, certes, pas reprocher une excessive finesse) donne quand même envie d'en voir un peu plus.
Ce qu'on peut être faible, quand même...

samedi 12 février 2011

God bless(e) America


Marvel ne chôme décidément pas puisque, quelques jours avant celui des X-MEN, s’était, à l’occasion du Superbowl, dimanche dévoilé le premier teaser de CAPTAIN AMERICA.

Futur blockbuster qui, contrairement au futur X-MEN, n’appartient pas à la collection « Origins » mais bel et bien à celle des « Avengers » (il y a de quoi s’y perdre).
Cette dernière se proposant d’en effet présenter chaque membre (ou presque) des Vengeurs à travers son propre film.
Avant (en cas de convaincant succès) de les réunir sous la même bannière (étoilée) : le projet est déjà dans les starting-blocks et sera, si tout se déroule comme prévu, chapeauté par Joss Whedon (BUFFY).

Après IRON MAN et le HULK de Leterrier, la nouvelle force de frappe de la future super-équipe n’est ainsi autre que l’héroïque Steve Rogers, chétif trouffion lors de la seconde guerre mondiale qui, à la suite d’une expérience menée par son armée, se mue en super-soldat patriote qui atomise quiconque ne sanglote pas à l’écoute du « Star Spangled Banner ».

Mis en scène par l’honnête artisan Joe Johnston (responsable de quelques bobines aussi sympas qu’oubliables telles que JUMANJI ou le troisième volet de JURASSIC PARK), l’ensemble, à la vue de cette première bande-annonce, promet du spectaculaire à défaut d’une réelle inspiration.
A l’image, en somme, de ce que Marvel offre à ses fans depuis 2008, date à laquelle le studio a repris en main les destinées de ses héros sur grand écran.

Prochaine pièce du dossier : le THOR de Kenneth Brannagh dont on cause dès demain...

vendredi 11 février 2011

Rentrée des classes


Popopopo !
Tout est certes possible en ce monde cryptique. Mais de là à penser que ce si pertinent blog se verrait un jour réactivé…
Cette année naissante assiste pourtant à la résurgence (pour l’instant bien timide mais sait-on jamais) de quelques lignes tentant de modestement rendre compte de l’actualité du neuvième art.

Et on commence, comme au bon vieux temps (« Good ol’ time » comme le proclameraient des cowboys texans se remémorant avec nostalgie leur jeunesse enfuie) avec une exclu ciné puisqu’aujourd’hui même vient d’apparaître sur la toile le trailer de X-MEN : FIRST CLASS.
Soir rien moins que le dernier-né de la franchise mutante.

On résume pour ceux qui n’ont pas suivi (et à qui on pardonne aisément : comment auraient-ils pu savoir quoique ce soit sans mise à jour du blog ?).
Nullement décidée à mettre un terme à la saga, en dépit d’un troisième épisode qui faisait disparaître la moitié de ses têtes d’affiche, la Fox a dégainé l’arme ultime en lançant une nouvelle franchise (finement intitulée X-MEN ORIGINS) qui se propose de retracer les débuts des figures-clés de l’univers en place.
Habile façon de continuer à labourer un terrain connu sans démesurée prise de risque et ainsi caresser tout fan dans le sens du poil en attendant un « vrai » prochain film.

Faisant suite au catastrophique WOLVERINE de Gavin Hood (à l’aise l’une des cinq pires adaptations Marvel), c’est ainsi aujourd’hui les jeunesses tourmentées du prof Xavier et de son meilleur ennemi Magneto que le studio se propose de relater.
Appelant pour l’occasion au poste de réalisateur, en un retournement de situation quasi-karmique, Matthew Vaughn (LAYER CAKE, STARDUST), dont on se rappelle qu’il fut longtemps rattaché à X-MEN III avant de devoir, pour de fort mystérieuses raisons, céder la place à Brett Ratner (pour le résultat que l’on sait).

Faut-il croire que le britannique, malgré son KICK-ASS réalisé entre-temps, n’est pas plus rancunier qu’il n’avait entièrement assouvi son envie de diriger une adaptation de comics.
Dans la mesure où le voici à la tête du projet casse-gueule du moment, tant le public, suite aux deux injures signées Ratner puis Hood, attend de voir si, enfin, un metteur en scène capable saura prendre la digne suite de Bryan Singer.

Si les images dévoilées ne renseignent guère sur la qualité du produit fini, comptons sur l’ex-acolyte de Guy Ritchie pour relever le niveau d’une série qui menaçait de dangereusement prendre l’eau en livrant, comme à son habitude, un produit solide et racé à défaut d’être génial (mais on ne demande qu’à être surpris).

Il sera en cela aidé par un casting à priori pertinent, dominé par les bientôt stars James McAvoy (dans le rôle d’un Xavier encore sur ses pattes et chevelu) et Michael Fassbender (qui apprend à tordre toute argenterie rien que pour emmerder son entourage à l'heure du diner) qui ont chacun déjà connu l’honneur douteux de participer à une adaptation de bédé (WANTED pour le premier, 300 pour le second).

Pas sûr, qu’en l’occurrence, ça rassure grand-monde…