samedi 5 mars 2011

Au nom du Père


Cela fait plusieurs années que PREACHER, le comic-book culte de Garth Ennis et Steve Dillon subit, sans succès, moult tentatives visant à porter sur petit ou grand écran les visions d’apocalypse de ses auteurs.

Après une annonce de série t.v. sur HBO (qu’on aurait, pour le coup, été sacrément curieux de voir) puis de long-métrage porté par Sam Mendes (JARHEAD), le projet vient pourtant de ressortir des limbes au sein desquelles on le pensait pour toujours errer.
Même que c’est D.J. Caruso qui a été approché afin de s’en occuper : honnête artisan responsable d’une poignée de sympathiques polars (SALTON SEA, L'OEIL DU MAL), dont on se demande s’il sera capable de retranscrire sur pellicule toute la choquante démesure de l’œuvre.

Car on lui souhaite, qu’il se sente ou non d’assurer le job, bien du courage : sexe explicite, ultra-violence débordant largement le cadre du gore, charge anti-religion d’une férocité peu commune, ambiance malsaine imprégnant chaque page et on en passe…
La saga (à côté de laquelle les fameuses « Catégories 3 » en provenance de Hong-Kong font figure d’aimables plaisanteries), aussi extrême sur le fond que sur la forme, n’est pas de celles qui se laissent aisément dompter.
A tel point qu’une adaptation littérale se verrait interdite aux moins de dix-huit ans dans à peu près tous les pays du globe.

Du pur Ennis, en somme. Lequel doit actuellement bien se marrer en imaginant le casse-tête des producteurs.
Non sans oublier d’en même temps compter ses droits d’auteur (faut pas rigoler non plus)...

jeudi 3 mars 2011

Magie noire


Un premier film racé malgré ses légendaires soucis de tournage (The Crow d’Alex Proyas, 1994).
Un deuxième bien moins exaltant en dépit d’une intéressante direction artistique (The Crow : City of angels de Tim Pope, 1996).
Un troisième qui commençait à dangereusement lorgner vers le bis (The Crow : Salvation de Bharat Nalluri, 2000).
Un quatrième que la bienséance nous priera de passer sous silence (The Crow : Wicked Prayer de Lance Mungia, 2005).
Et encore ne mentionne-t-on pas la pauvre série qui voyait un Mark Dacascos peinturluré de blanc errer comme un sous-Kwai Chang Caine pour, de temps à autre, tabasser sans leur faire trop mal (format t.v. oblige), des bad guys sans envergure…

C’est peu dire que l’œuvre de James O’Barr aura connu des fortunes diverses depuis que son destin s’illustre sur les grands écrans des multiplexes.

Constatant que cela faisait, ma foi, un bon de temps qu’aucune adaptation n’avait envahi ces derniers, Relativity Media, en charge des droits du personnage, a décidé de mettre en route, non pas une énième séquelle mais, comme c’est original, un reboot de la franchise (faudrait compter le nombre de fois où le mot a été écrit depuis la reprise du blog)...

Pourquoi pas ? D’autant plus qu’avait, pour ce faire, été recruté Stephen Norrington, surdoué de l’image dont la curieuse carrière en dents-de-scie semble assez fidèlement refléter le désordre qui régente son esprit.

Responsable avec le premier Blade d’une des meilleures adaptations Marvel, le britannique rencontra ensuite moins de succès lors de la transposition de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires dont le tournage chaotique (et le résultat pour le moins foireux) le dégoutèrent tant du métier qu’il resta éloigné des plateaux durant presque une décennie.

Annonçant, pour son retour, une version sombre et dérangée de l’œuvre de O’Barr, le cinéaste vient de quitter le projet (sur lequel il aura quand même planché plus d’un an) en apprenant que les producteurs souhaitaient, de leur côté, livrer un produit PG-13 - soit la classification américaine qui met la pédale douce sur la violence afin de rendre le produit accessible aux ados.

Qu’à cela ne tienne, ces derniers (histoire de ne sans doute pas inutilement paumer tout le boulot de pré-production) viennent d’enquiller la seconde en engageant l’espagnol Juan-Carlos Fresnadillo (28 semaines plus tard).
Lequel, s’il a, certes, fait ses preuves dans le film de genre, possède les compétences pour livrer un produit solide, ne possède peut-être pas la vision que Norrington n’aurait pas manqué apporter à l’ensemble.

Norrington dont on est, du coup, curieux de voir où ses pas vont désormais le mener. Mais ceci est une autre histoire...
 
 
 

mardi 1 mars 2011

Marathon Man


On ne sait quel crédit accorder à ce genre de news (qu’on ne peut néanmoins pas s’empêcher de relater. Et on se demande après comment naissent les rumeurs) rigolote mais également un peu inquiétante.

XERXES, la suite de « 300 » (en fait un préquel relatant la bataille de Marathon), décrite par son auteur Frank Miller comme « une extension sous stéroïdes du récit original » (pas sûr que ce soit vraiment rassurant) est à peine achevée que ses droits ont déjà été achetés en vue d’une adaptation pour le ciné.

Point de Zack Snyder cette fois-ci (occupé qu’il est, après avoir salopé les WATCHMEN, à actuellement foutre en l’air le prochain SUPERMAN - voir news précédente) mais peut-être Guy Ritchie, ex-scribe de la caillera londonienne (SNATCH, ROCK N’ROLLA) qui a, l’année dernière, découvert les joies du cinoche mainstream avec un SHERLOCK HOLMES qui restait regardable (dans les limites de ses modestes ambitions) à défaut de rendre justice à l’œuvre de Conan Doyle.
Lequel était surtout un produit Warner, instigateur du présent film...

Rien de plus à, pour l’instant, se mettre sous la dent.
On attendra déjà la sortie de la bédé afin de voir si elle annonce un regain de forme de la part de Miller ou si celui-ci va continuer la descente aux enfers entamée depuis la parution de son « Dark Knight 2 ».

Wait and see donc, comme d'habitude en ce genre de cas...

dimanche 27 février 2011

Chute libre


Le SUPERMAN RETURNS de Bryan Singer (sorti en 2006) n’a, malgré une qualité tout à fait honorable, pas suffisamment séduit les foules pour que lui soit accordé le droit à un deuxième volet.
Qu’à cela ne tienne, la Warner en profite pour à son tour succomber à la mode en offrant au personnage un reboot qui aura néanmoins tardé à voir le jour.

Mais alors que ces dernières années auront principalement été passées en tergiversation de toute sorte (avec l’apparition d’à peu près un nouveau projet par mois) sans que rien de concret ne soit jamais enclenché, la franchise a récemment connu un brusque coup d’accélérateur lorsque le studio a officiellement annoncé le lancement du nouveau film.

« Chouette ! » peut s’exclamer le fan, heureux dès lors qu’un de ses personnages préférés est adapté au cinéma.
Pour tout aussitôt glapir d’effroi en apprenant que le réalisateur choisi n’est autre que Zack Snyder !
Soit le dangereux fossoyeur qui a quand même réussi le douteux exploit de, coup sur coup, massacrer le 300 de Frank Miller puis les WATCHMEN de Moore & Gibbons.
Sans que personne (à Hollywood en tous cas) ne s’émeuve outre mesure et l’empêche de plus jamais approcher une caméra dans le but de commettre de nouveaux méfaits.

Et dire que cela fait des lustres qu' entre autres Mark Millar (fan ultime du perso dont il a écrit quelques-unes des meilleures aventures - comme le génial « Red Son ») promène un pharaonique projet de relance…
A croire que les producteurs ne regardent pas les œuvres des gens qu’ils engagent et sur lesquels ils misent des sommes obscènes…

Qu’attendre, dès lors, quoique ce soit de viable d’un ensemble qui sent le pâté avant même qu’ait été rédigée la moindre ligne de script ?
Comme tout est toujours possible (et qu’une de mes résolutions en 2011 est de tâcher de moins dire de mal d’autrui), on accordera le bénéfice du doute à un film qui, parti comme il est, ne pourra de toute façon que surprendre d’heureuse manière (enfin, c’est aussi ce qu’on disait des précédents travaux du sieur Snyder).

A croire que le destin de l’emblématique super-héros de DC Comics n’est définitivement pas de s’illustrer sur grand écran...

vendredi 25 février 2011

Robot after all


Samouraïs en pantacourt qui affrontent des robots géants meurtriers. Lascives créatures aguichant le mâle pour ensuite mieux le déchiqueter. Un chat star du rock, lubrique et défoncé. Et même le plus grand détective du monde, Sherlock Holmes en personne, totalement à la ramasse…

Vous êtes bien au sein de l’univers de POPBOT (a.k.a. ZOMBIES VS ROBOTS en v.o. : car il est également question de morts mangeurs de chair fraîche. Mais on n'est plus à ça près).
Indéfinissable comic-book - dont on se gardera bien de résumer l’intrigue - qui se présente en un maelström de sexe, de s.f. post-apocalyptique et d’ultra-violence assumée.
Un univers sans véritable linéarité, prétexte au génial dessinateur Ashley Wood pour étaler ses visions aussi macabres que décalées le long d’époustouflants aplats sépia.

A tel point qu’on aura rarement autant eu l’impression de pénétrer l’esprit (en l’occurrence quelque peu perturbé) d’un créateur qui ne censure en aucune façon.
Et parvient à parfaitement rendre la désagréable sensation d'évoluer au sein d’un étouffant rêve vicié dont on ne parvient pas à s’éveiller…

Voilà donc que, surprenante nouvelle qui va interpeller El Prez (toujours en place après toutes ces années. Parce que Globulle, c’est un peu comme Haïti : on y reste dictateur à vie pour ensuite déléguer ses fonctions à sa progéniture), l’ouvrage serait pressenti pour être adapté au ciné sous l’égide de Michael Bay (THE ROCK, BAD BOYS 1 & 2) - qui se contentrait, pour le coup, de produire.

Etonnante annonce qui a, néanmoins, de quoi laisser perplexe.
Car s’il est plaisant d’imaginer quel éclairage tel projet va pouvoir apporter sur un titre encore trop méconnu, on peut, par contre, se demander où se situe l’intérêt d'adapter une œuvre qui ne tire sa spécificité que de sa nature de cauchemar mis en peinture…

D’autant qu’il est permis de s’interroger sur le traitement que le père des TRANSFORMERS (autre histoire de robots géants. D’une sensibilité, cependant, quelque peu différente), fidèle à sa légendaire finesse, ferait subir à l’ensemble.
On guettera les futures news, vraiment curieux qu’on est d’en apprendre plus...

mercredi 23 février 2011

Nuit noire


Tandis que trois années avaient séparé BATMAN BEGINS de sa séquelle, c’est le temps qu’il aura cette fois-ci fallu à Christopher Nolan pour à peine commencer à se repencher sur la destinée du Chevalier Noir de Gotham (on veut bien, dans notre infinie mansuétude, lui pardonner, vu qu’il a, dans l’intervalle, écrit et réalisé INCEPTION - le genre de chose qui occupe).

Ce troisième (et normalement dernier) volet des aventures de l’homme-chauve-souris est donc à peine sur les rails que pas un jour ne se passe sans que la communauté mondiale de fans déviants relaie rumeurs de toute sorte (la plupart du temps fantaisistes et totalement infondées, mais c’est ça aussi, la joie d’internet).
Prouvant ainsi, à qui peut en douter, à quel point le film est par tous attendu...

Puisque son prédécesseur, le DARK KNIGHT (désigné par le Pape lui-même comme la meilleure adaptation de comic-book depuis l’avènement du cinéma parlant) a placé si haut le niveau que Nolan se voit désormais dans l’obligation de réaliser rien moins que le meilleur film de l’Histoire du cinéma.

Voire le chef -d’œuvre ultime du patrimoine de l’humanité, toutes catégories artistiques confondues...

Pas de quoi inquiéter l’homme pour qui le terme « flegmatique » semble avoir été inventé.
Lui qui, depuis une décennie, enquille les œuvres essentielles avec l’air de ne pas y toucher, jusqu’à le faire comparer à Kubrick par une partie de la critique énamourée...

Restant fidèle à sa conception du « Ne rien dire pour mieux surprendre », avec pour résultat qu’on se retrouve sevré de news pertinentes et forcé de se raccrocher aux rares et maigres infos que le studio consent à lâcher.
Tout juste sait-on ainsi, à l’heure actuelle, que :

- le titre de l’opus à venir sera, à priori, THE DARK KNIGHT RISES (histoire d’annoncer le triomphe du Caped Crusader après sa mise au ban lors du final du chapitre précédent ?)

- ont été engagés Anne Hattaway (LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA) et Tom Hardy (déjà de l’aventure INCEPTION) pour les rôles respectifs de Catwoman et Blane (quoique le contraire eut été fort cocasse).
Le casting n’est cependant pas clos, notamment concernant la nouvelle girlfriend de Bruce Wayne.
Ainsi que pour un possible nouveau rôle de bad guy : ce qui semble à la fois peu probable (vu les noms déjà annoncées) et néanmoins possible, tant Nolan a toujours garni ses films de stars n’hésitant pas à s’empiler (au sens figuré) un peu partout dans chaque recoin de l’écran.

- l'orientation du script (co-signé, comme le précédent, par les frangins Nolan et l’inévitable David Goyer) conserve, par contre, un épais mystère.
On a seulement appris que le tournage doit débuter d’ici l’été à la Nouvelle-Orléans, sans au juste savoir quelle importance tel décor pourrait avoir dans l’élaboration de l’ensemble (mais on a de quoi être impatient quand on se rappelle comment Nolan avait su exploiter l'austère architecture de Chicago dans DARK KNIGHT).

L’essentiel est que 2012 sera forcément une belle année puisque le produit fini atterrira, si tout va bien, dans les salles (date).
A moins que les Mayas aient quelque hasardeuse prédiction à faire valoir…

mardi 22 février 2011

Lames fatales


Récemment évoqué en ces lieux à l’occasion de X-MEN : FIRST CLASS (voir news du 11/02), WOLVERINE fait partie du fond du panier des adaptations de la maison-mère, à ranger aux côtés d’ELEKTRA et GHOST RIDER dans le genre bâclé et comique involontaire.
Ce qui n’a nullement empêché les pontes du studio d’annoncer une séquelle, rapidement rendue inévitable par les recettes (inexplicablement) élevées du produit.

L’appât du gain n’excluant cependant pas une certaine lucidité, le réalisateur Gavin Hood a été écarté du projet au profit de Darren Aronofsky.
Et s’il peut être surprenant de trouver à telle place le metteur en scène de REQUIEM FOR A DREAM (plus habitué des prestigieux festivals que des pages de Strange), on rappelle qu’il est aussi un acharné fan de bédé.
Ayant notamment signé le scénar de l’adaptation en comic-book de THE FOUNTAIN (son troisième long-métrage) – expérience qu’il s’apprête d’ailleurs à renouveler pour NOAH, variation autour du mythe de l’arche de Noé (et possible futur film).
Ou qu’après avoir été annoncé à la mise en scène des WATCHMEN, il a longtemps souhaité filmer le BATMAN : YEAR ONE de Miller et Mazzuchelli (projet finalement récupéré par Nolan qui l’a transmué en BATMAN BEGINS).

Et même si THE WRESTLER et BLACK SWAN, derniers opus du bonhomme, ont pu décevoir en s’orientant vers un trip auteurisant franchement casse-bonbons, on ne peut que s’avouer intrigué (pour ne pas dire plus) à l’idée qu’il mette son extraordinaire sens de l’image au service d’un pur délire esthétique à même de capter l’essence des pages retranscrites.

On sait, sinon, que ce troisième chapitre de la série X-MEN ORIGINS transposera « Je suis Wolverine ! » (ça, c’est de l’affirmation de soi) : one-shot scénarisé par Frank Miller (toujours lui) et dessiné par Chris Claremont, qui voyait notre ami Serval s’en aller au Japon découper des ninjas et tomber amoureux de la fille de son pire ennemi.
La routine de tout super-héros qui se respecte, quoi…