mardi 28 avril 2015

La mort était au rendez-vous



Un lycéen surdoué et légèrement imbu de lui-même trouve un cahier (abandonné par le dieu de la mort) lui permettant de tuer n'importe qui en écrivant simplement son nom.
S'en servant au départ pour châtier les plus vils criminels, la situation va rapidement lui échapper jusqu'à mettre sur sa route le mystérieux L., plus grand détective de la planète... 

Tout d'abord publié, au Japon, sous la forme de manga au début des années 2000, le succès du Death Note de Tsukumi Oba et Takeshi Obata lui permit de voir adapté en série d'animation peu de temps après.
Elle-même auréolée d'une aura telle que suivirent trois films live - la qualité, disons, fort relative de ceux-ci ne leur permettant qu'une sortie dvd en dehors de leur contrée d'origine...

Pas de quoi refroidir les ardeurs des studios occidentaux (en l'occurrence, américains) qui, un oeil sur les chiffres de vente des produits à l'exportation, lorgnent depuis le début de la décennie sur une adaptation...

Un temps attribué à Shane Black (dont on a vu, à travers son Iron Man 3, à quel point il pouvait saloper une adaptation de bédé) puis à Gus Van Sant (pour une raison qui nous échappe encore), c'est aujourd'hui à Adam Wingard, notamment réalisateur de l'efficace et horrifique You're Next, que le tout semble promis.

Du sang neuf peut-être à même d'apporter le dynamisme et la morbidité réclamés par le matériau d'origine.
Si tant est que le projet ne change pas encore de mains d'ici là...


lundi 27 avril 2015

Kingsman - services secrets



"KINGSMAN, l'élite du renseignement britannique en costume trois-pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entraînement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L'un d'eux semble être le candidat "imparfaitement idéal" : un jeune homme impertinent de la banlieue londonnienne nommé Eggsy." (résumé Allociné) 



Le duo gagnant Mark Millar - Matthew Vaughn se reforme donc, cinq ans après le triomphe Kick-Ass : le second adaptant à nouveau un comic-book du premier pour un résultat, euh... en tous points similaire. 

On y retrouve ainsi, fort logiquement, les mêmes défauts et qualités.
Avec pour principal grief celui d'encore s'emparer d'un genre (en l'occurence : l'espionnage à la James Bond) en tenant à se la jouer "méta" durant une bonne moitié de film. avant de faire volte-face (ou baisser les bras) et enquiller d'assez inexpliquable manière tous les clichés du genre en question.
D'où la légitime question de l'utilité de la chose...

Après, ça reste rigolo, Vaughn n'étant pas un manche.
Ça va vite, ça charcle de généreuse manière et le casting quatre étoiles assure le show (avec une mention toute particulière pour Colin Firth).

Faut juste être conscient de ce qu'on vient voir : c'est-à-dire certainement pas un équivalent à austin Powers comme il a pu être mentionné dans certains avis...



(Kingsman - Secret Services) - 2014
Réalisé par : Matthew Vaughn
Avec : Colin Firth, Samuel Jackson, Mark Strong, Michael Caine
Nationalité : Grande-Bretagne
Sortie le : 18/02/2015

dimanche 26 avril 2015

Why so serious ?





Quoi de mieux qu'une bonne actu pour relancer le blog, véritable phénix qui n'en finira jamais d'éternellement renaître de ses cendres glacées ?...

L'info du jour concerne donc l'adaptation à l'écran de la Suicide Squad : vieux titre en provenance de chez DC Comics qui, depuis quelques années, vit une étonnante seconde jeunesse.
Jusqu'à ainsi pousser Warner à en faire (après les Man of Steel et Batman vs Superman de Zack Snyder) le troisième chapitre son multiverse en cours.

Le postulat voit une équipe de super-vilains (en général, des seconds couteaux facilement sacrifiables) emprisonnés à qui une agence gouvernementale top-secret offre l'occasion de participer à une mission quasi-suicide en échange d'un allègement de peine.

Concept aussi primaire qu'alléchant, prétexte aux pires débordements, que David Ayer, tout auréolé du succès (au moins d'estime) de son coriace film de guerre Fury, va se charger d'adapter à l'écran.

Choix qu'on est en droit de trouver totalement cohérent tant ce Douze salopards version super-héros semble s'inscrire dans la lignée de son cinéma badass (voire carrément bourrin dans le cas de Sabotage).

Le réal a, pour ce faire, réuni un casting pléthorique qui comprend, notamment, pas moins que Jai Courtney (Die Hard 5), Margot Robbie (Le loup de Wall Street), Will Smith, Joel Kinnaman (Robocop 2014), Violas Davis (Hacker), le rappeur Common et on en passe...
Sans compter la plus-value, le grain de sel, ce qui fait causer tout le net depuis l'annonce du projet : le grand retour du Joker qui apparaîtra, cette fois-ci, sous les traits de Jared Leto.

Choix surprenant mais qui témoigne, au moins, du désir de Ayer de s'éloigner des précédentes incarnations du personnage à l'écran.

La première photo officielle, dévoilée avant-hier, emprunte d'ailleurs un look diffèrent des versions Nicholson et Ledger et promet de s'orienter vers quelque chose d'inédit (même si on y sent de larges effluves du Killing Joke de Moore et Bolland).
Le côté "émo" revendiqué semblant même, au vu du passif musical de l'acteur, plutôt bien vu...

On en recause, bien entendu, au fur et à mesure de l'avancée du projet...

mercredi 15 mai 2013

Same player, shoot again !




Garth Ennis a hissé la série du Punisher a un si haut niveau que le titre a rapidement sombré dans le n’importe quoi une fois qu’il l’a laissée en d’autres mains.
Les suiveurs tentant d’en vain retrouver le mélange si particulier (propre à l'auteur) d’humour très noir et d’ultra violence en finissant par patauger dans le gore le plus racoleur…
 
Qu’à cela ne tienne, Marvel a orchestré le reboot (pour une fois pas inutile) du personnage en lui offrant, pour son come-back, une équipe de ligue 1 avec rien moins que l’habitué Steve Dillon (Preacher, Punisher, déjà) aux dessins et Jason Aaron (le créateur de Scalped) au scénario.
Choix tout sauf innocent puisque cette nouvelle mouture s’annonce (pour l’instant) ancrée dans le réalisme avec un ton qui s’oriente délibérément vers celui du polar hard-boiled.
 
L’intrigue (qui compte les origines de Wilson Fisk avant qu’il ne devienne le Caïd) prenant d’ailleurs pour base, comme un aveu d’intention on ne peut plus clair, une partie de celle de Usual Suspects (Bryan Singer, 1995).
Sans doute histoire de replacer ce cher Frank Castle dans un environnement moins cartoonesque que ses dernières virées…
 
Résultat ? Une entrée en matière efficace, qui retrouve (en moins excessif) une partie du ton d’Ennis.
Le récit simple et percutant effectue le job en remettant sur les rails une série qu’on a pu croire perdue dans ses outrances.
Et annonce (si sont tenues les promesses ici entrevues), quelque chose de potentiellement lourd à venir...
 
 
 
Punisher Max, tome 1 : le Caïd de Jason Aaron (scénario) et Steve Dillon (dessins) - Panini France
 

samedi 11 mai 2013

Apocalypse now




Il fut un temps, pas si lointain, où Mark Millar n’était pas le poids lourd de l’industrie qu’il est devenu : se contentant (si on peut dire) de publier de malins récits qui ne se croyaient alors pas obligés d’à tout prix verser dans l’excessif.
 
Témoin cet Elu, écrit juste après son chef-d’œuvre Red Son et qui suit la singulière trajectoire de Jodie Christianson (clin d’œil), ado tout ce qu’il y a de plus normal d’une ennuyeuse bourgade.
Du moins jusqu’à ce qu’il sorte miraculeusement indemne d’un terrible accident et que débute une étrange épopée qui pourrait faire de lui rien moins que le Christ réincarné…
 
Avec Millar aux commandes, on se doute que le chemin de croix sera tout sauf tranquille.
De fait, le titre, iconoclaste et provoc, s’impose (en pas plus de soixante-dix pages !) comme une petite bande fort sympathique dont la noirceur ambigüe et la (relative) sobriété s’avèrent, en définitive, bien plus efficaces que les outrances dont l’auteur se rendra plus tard régulièrement coupable…
 
L'élu de Mark Millar (scénario) et Peter Gross (dessin) - Bamboo Editions
 

vendredi 3 mai 2013

L'homme à la tête de Chu




Marre des super-héros, mutants ou vilains à la douteuse psyché souhaitant dominer le monde ? Tony Chu vient à votre rescousse.
 
Si le héros inventé par John Layman est bien détective, il s’agit du premier de son espèce dans le neuvième art puisqu’agissant en tant qu’enquêteur cibopathe.
A savoir qu’il possède un sixième sens lui permettant de tout savoir de quelque chose simplement en le goûtant (cadavre plus ou moins frais y compris).
 
Bien pratique dans une ville où se déroulent d’odieux trafics en tous genres depuis que le poulet a été déclaré aliment prohibé par le gouvernement.
Ajoutez à cela d’étranges signes extra-terrestres qui apparaissent dans le ciel, un complot impliquant des vampires et un adjoint à moitié cyborg depuis qu’il s’est fait refaire le portrait à coups de hachette et on ne pourra, certes, accuser le titre de piocher dans le déjà-vu.
 
Mix de polar déjanté et de fantastique délirant, agrémentée d’une non négligeable dose de gore lui-même saupoudré d’un humour corrosif comme il faut, c’est peu dire que la série ne ressemble à rien de connu.
A l’image du dessin cartoonesque de Rob Guillory qui peut laisser croire à d’inoffensives histoires avant d’happer le lecteur imprudent.
 
Car essayer ce Chu, c'est en devenir accro !
 
 
 
Tony Chu, détective cannibale de John Layman (scénario) et Rob Guillory (dessins) - Editions Delcourt (cinq volumes parus - série en cours)
 

mercredi 1 mai 2013

Extrême Ellis





Profitons de la récente sortie d’Iron Man 3 pour revenir sur l’ouvrage qui l’a en grande partie inspiré : cet Extremis scénarisé par Warren Ellis et mis en images par Adi Granov.
 
Conçu en 2006 et servant alors de reboot à la série, l’ouvrage propose, en un même élan : un premier numéro tout à fait digne (dans lequel les origines sont habilement fondues au cours de l’histoire), une synthèse des thèmes développés autour du personnage depuis sa création et un pur récit de Warren Ellis.
Ce dernier parvenant à caser ses éternelles obsessions sur la mutation de l’humain, son rapport à la science et la nature et l’éthique qui en découle…
 
Il est, dans sa tâche, largement épaulé par Adi Granov dont le magnifique dessin photo-réaliste s’apparente par instants à une suite de tableaux.
Et qui rend compte à la perfection la froide violence de l’ensemble.
 
Un numéro qui aura tant de répercussion qu’il engendrera, en quelque sorte, la résurrection de l’homme de fer.
Avec la reprise de la série (Iron Man : Programme exécution suivra peu après avec une autre équipe aux commande), le mythique arc Civil War puis la mise en chantier du premier film réalisé par Jon Favreau en 2008 – et sur lequel avait bossé comme conseiller artistique un certain… Adi Granov.
 
Rien de plus logique, en somme…