mardi 4 septembre 2012

Les sorciers de la guerre (Ralph Bakshi - 1977)




Profitons de la présente chronique pour adresser un coup de chapeau à l’éditeur Wild Side qui, depuis plusieurs années maintenant, effectue un sacré boulot de défrichage en exhumant (au sein de sa bien-nommée collection « Les introuvables ») des perles autrefois difficilement visibles et qui bénéficient désormais de sorties officielles – qui plus est à travers des transferts généralement plus que corrects.

Initiative qui nous permet d’aujourd’hui voir Les sorciers de la guerre (Wizards en v.o.) de Ralph Bakshi, long-métrage d’animation culte dont les initiés causaient depuis plus de trente ans et qu’on peut enfin visionner dans de décentes conditions.

Réalisé, en 1977, le titre apparaît réellement comme le chainon manquant dans l’œuvre de son réalisateur, en ce sens qu’il allie les deux veines de sa sensibilité : la contestataire (qui irriguait Fritz the Cat et Coonskin) et celle de l’heroic-fantasy (qui le verra ensuite adapter Le seigneur des anneaux puis réaliser Tygra).
Donnant à l’ensemble des allures d’auberge espagnole au sein de laquelle Chuck Jones (Bip-Bip et le coyote) côtoie Frazetta (Conan le barbare)…

Mélange, avouons-le, pas toujours des plus heureux, tant l’alliance entre loufoque et sombre sérieux semble parfois s’effectuer au forceps.
Sans compter un rythme pas toujours trépidant (bien que l’ensemble excède à peine l’heure et quart) et un style très fortement estampillé 70’s (notamment à travers ses couleurs criardes parfois à la limite du psyché) qui pourront rebuter les moins endurants…

Mais on ne saura reprocher à Bakshi de rester fidèle à ses obsessions et d’oser produire quelque chose de jamais vu.
Un trip expérimental qui brasse tout et son contraire et rend nostalgique d’une époque où tout semblait possible, sinon permis, en matière de création.

A noter, parmi les bonus, une longue (34 minutes) interview du maître, toujours d’attaque  qui revient sur la conception du film avec un luxe de détails et une allergie marquée pour la langue de bois.

Une voix dont l’anticonformisme manque au sein de l’animation actuelle…
 
 


http://www.wildside.fr/video/collection,2



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