jeudi 18 juin 2009

Quelques idées de lecture pour tuer le temps!

On peut franchement dire que c'est pas la joie au niveau des sorties en ce moment. Mais en temps de crise (enfin il parait que ça ira mieux en 2010, ouf!) c'est tant mieux pour le porte monnaie. Heureusement pour vous, chers amis, votre libraire virtuel veille et trouve encore des titres qui tiennent la route.

Allez on y va.

Pour commencer je vous conseille Le visiteur du Sud ou le journal de Monsieur Oh en Corée du Nord. Le tome 1 paru aux éditions Flblb, prix Asie ACBD en 2008 lors de Japan expo, relatait l'arrivée en 2002 de Oh Yeong Jin en Corée du Nord dans le cadre d'une coopération Nord-Sud. Ce premier tome laisse entrevoir de nombreux points communs mais moult points de divergences notamment d'ordre culturelles ou sociales. Le tome 2 enfonce le clou et souligne les incongruités et les décalages entre habitants du Nord et du Sud. Proche du dessin de presse, ce journal intime présente une Corée du Nord loin des clichés. Vraiment à découvrir.

Dans un autre registre, Jeffrey Brown revient avec un nouveau récit auto-biographique. Après Theresa dans Clumsy et Alison dans Unlikely, voilà Sophia dans Aeiou qui clôt la trilogie amoureuse de l'auteur. Aeiou signifie Any Easy Intimity of Us (fragments de notre intimité). et effectivement c'est intimiste mais il a l'art et la manière de nous faire passer ses sentiments et ses émotions. Soutenu par Chris Ware ou Daniel Clowes, son travail se rapproche plus des trois déglingos à savoir Joe Matt, Seth et Chester Brown.

Depuis 2005, David de Thuin s'auto-édite et nous propose des petits riens vraiment sympa. Après le roi des bourdons et la colère dans l'eau, Pollen est un recueil d'histoires courtes de 60 pages en noir & blanc. Petites histoires sans prétention dans la lignée de Macherot et Trondheim. À travers son petit monde animalier, il propose une caricature de la société des hommes, dans une ambiance écolo.

Et pour terminer Virginia de Dash Shaw. Après Bottomless Belly Button, mon coup cœur 2008 et grand oubli d'Angoulême, Ça et Là publie le premier ouvrage de ce jeune prodige américain (et oui). Virginia, bibliothécaire, véritablement mal dans sa peau, part au chevet de sa mère. De retour dans sa ville natale, elle va faire la rencontre d'un jeune musicien qui lui rappelle son amour d'enfance. Histoire d'amour absolument pas romantique on navigue entre le présent et le passé. Moins imposant que Bottom, l'auteur réussit encore une radiographie d'une famille en crise. Indispensable! et félicitation à cet éditeur pour son travail sur la maquette. Cette version cartonné en monochromie rouge (différente de la version américaine) apporte un vrai plus.

Lecture en cours
Gaspation de Charlie Schlingo
Le roman graphique des origines aux années 1950

Britten & associé de Hannah Berry

lundi 8 juin 2009

L'actu en patates

Martin Vidberg fait partie des blogs invités sur le site Internet du Monde. Depuis janvier 2008 le blog regroupe ses dessins d'humeur et d'actualité.

J'avais envie de vous faire partager le post du 7 juin qui résume assez bien les élections européennes!!!

Blog Martin Vidberg

Lecture en cours : Berlin T1 de Jason Lutes

mercredi 3 juin 2009

Chassés croissés T1 de Kang Full

A chaque annonce de la sortie d'un album de Kang Full, je trépigne d'impatience. Comme un déglingo que je suis, je me suis bien évidemment jeté sur le nouvel ouvrage de ce jeune coréen. Véritable star au pays du matin calme, l'ensemble de ces livres sont adaptés au cinéma. Plutôt discret de notre coté et plus généralement des manhwa, faut dire que le manga a tendance tout écraser, il poursuit son petit bonhomme de chemin chez Casterman.

Les histoires de Kang Full font parties des lectures indispensables. Avec son style graphique très particulier, qui semble naïf de prime abord, il réussit au fil des pages à nous faire partager tellement d'émotion : de l'horreur avec l'Appartement, de la tendresse avec l'Idiot et de l'angoisse avec Timing (tous ces titres sont parus chez Casterman). Il revient ici avec le thème de l'amour.

Yeon-Woo, la trentaine, timide voir un peu idiot, croise chaque matin une jeune lycéenne dans l'ascenseur. L'oubli d'une cravate va faire naitre une véritable complicité qui se transforme très vite en une amitié amoureuse. Mais la différence d'âge deviendra-t-elle un obstacle?

Ce que j'apprécie chez Kang Full c'est cette manière d'installer les histoires. Narrateur hors pair, il multiplie les points de vue installant un véritable suspens. Le jeu des couleurs est également un point important de sa narration permettant de mettre en avant les émotions des différents protagonistes.

En 1 mot : c'est du bonheur

Lecture en cours : Le visiteur du sud T2 chez Flblb (bd coréenne aussi!)

samedi 14 mars 2009

Panique dans les salles



Stephane Aubier et Vincent Patar, immortels créateurs des courts animés "Pic-Pic, André et leurs amis", voient leurs ambitions à la hausse en adaptant pour le grand écran leur série-culte PANIQUE AU VILLAGE.

Mettant en scène les figurines Cow-Boy, Indien, Cheval et leurs proches au sein d'aventures surréalistes, les modules de 5 mns (rassemblés sur un dvd qu'il est obligatoire de posséder) prennent désormais la forme d'un long-métrage dont on peut avoir un avant-goût grace au teaser dévoilé aujourd'hui et qu'on imagine à l'image de ses prédécesseurs : autre, hilarant, génial...

Qui a envie d'en savoir plus, avant la sortie, ira faire un tour sur le site officiel qui promet, ma foi, de bien belles choses : http://paniquelefilm.b347.com/

VIVEMENT OCTOBRE, BON DIEU (à prononcer avec la voix du fermier Steven) !

lundi 9 mars 2009

Quintet du 13 février au 19 avril 2009

La bande dessinée s'invite de plus en plus dans les musées mais toujours de façon temporaire. Alors dans l'attente d'un musée dédié aux arts graphiques et/ou figuration narrative, profitons des rares expos.

Je ne vous parlerai pas de l'expo "Le petit dessein" au Louvre (pas encore vu) mais de "Quintet" au MAC de Lyon qui se déroule du 13 février au 19 avril 2009. Elle est consacrée à 5 auteurs majeurs de la bande dessinée européenne et américaine : Blanquet, Masse, Swarte, Shelton et Ware. La filiation entre ces auteurs outre le dessin réside dans le besoin d'expérimenter de nouvelles formes, de nouvelles techniques.

Cette expo légitime la bande dessinée comme un art majeur. La scénographie est absolument épatante notamment l'espace réservé à Blanquet. Il réussit à présenter
une partie de son œuvre complètement barrée et érotique (dessins, photos de peintures sur peau ou toiles en ombre chinoise). Idem pour Chris Ware, on y découvre les planches encrées, avec un crayonné bleu pour certaine, tirées de ses différents livres. Je suis impressionné par son souci du détail et de son graphisme en général.

Seul petit bémol, le néophyte sortira de cette expo avec un peu de regret. Aucune explication ni référence n'est présente dans les cinq salles à l'exception d'un petit fascicule. Rude!

Si vous n'avez pas le temps d'y passer, vous pouvez vous procurer le catalogue de l'exposition publié chez Glénat ou écouter l'émission "Alternatives" sur France Inter samedi 14 mars à 22h.

jeudi 5 mars 2009

Wild thing



Rendez-vous compte que n'existait encore aucune news concernant WOLVERINE en cette année 2009 !

Situation absolument inqualifiable qui appartient, bienheureusement, désormais au passé le plus honteux grace à l'apparition, ces dernières heures, du trailer final.
Qui, s'il n'ajoute rien de fondamental aux précédents, remplit correctement son job, à savoir : en mettre copieusement plein la gueule - tellement, en fait, que ça en devient presque roboratif.

Avec pour résultat de faire devenir tout lecteur de Marvel (de toute façon normalement conquis d'avance) tout tremblant d'émotion devant tant de testostérone pelliculée.
Lequel se prend maintenant à compter les heures le séparant de la sortie (le 29 avril chez nous. Soit deux jours avant les Etats-Unis. Ah ! Ah ! De quoi tous aller le voir pour ensuite tout leur spoiler sur leurs forums de nerds).

En espérant que le réalisateur Gavin Hood ait retenu la leçon appliquée par Bryan Singer sur X-MEN et n'ait pas sacrifié ses personnages sur l'autel de la démesure pyrotechnique.

Parce que, c'est pas non plus comme s'il avait droit à la moindre erreur...

mardi 3 mars 2009

Let's dance !

VALSE AVEC BACHIR ne pouvait obtenir meilleure pub à l'occasion de son arrivée en galette numérique et on applaudit des deux mains l'équipe du marketing pour en avoir organisé la sortie quelques jours seulement après l'obtention de son César du meilleur film étranger (on m’objectera qu’il s’agit du plus pur hasard. Il n’empêche...). Des fois que certains aient besoin qu'on attire leur attention sur le meilleur long-métrage de 2008...

Relatant la guerre du Liban et plus particulièrement le massacre de Sabra et Chatila tels qu'il les vécut à l'époque sous l'uniforme israélien, Ari Folman, loin de se cantonner à une banale retranscription des faits, prend le risque de l’innovation tant formelle que narrative.
Illustrant sa chronique de guerre passée au prisme de la psychanalyse (le film décrit la lente récupération par le personnage principal de ses souvenirs d’époque réfoulés) par rien moins que l'invention d'un nouveau genre.

Quelque chose qu’on pourrait qualifier de « documentaire animé », dont l’étonnant parti-pris graphique sert idéalement le récit sans jamais l’étouffer.
Qui, grace à son paradoxal mélange des genres, permet d’allier la réalité la plus brute à la distance permettant d’en rendre compte et ainsi offrir idéal écrin aux inoubliables visions du cinéaste (faites d’apartés oniriques, d’envolées surréalistes et d’une bande-son décalée qui traduit mieux que tout autre apport le trouble intérieur du narrateur).

Choix osés qui aboutissent à une oeuvre si puissante qu’elle ne ressemble à tout simplement rien de déjà vu.
Une expérience troublante dont il est difficile de sortir indemne (les dernières séquences, à serrer la gorge, laissant proprement k.o.) et qui note l’émergeance d’une singulière voix, unique en son genre.

Un "must see" à ce point impressionnant qu’on promet, s'il concrétise les promesses entrevues ici, le plus brillant avenir à son auteur.
Même qu'on n'adressera désormais plus la parole à ceux qui ne l’ont pas vu - et encore moins à ceux qui ne l'ont pas aimé.

Ouais, on est comme ça à Globulle...