mardi 3 mars 2009

Let's dance !

VALSE AVEC BACHIR ne pouvait obtenir meilleure pub à l'occasion de son arrivée en galette numérique et on applaudit des deux mains l'équipe du marketing pour en avoir organisé la sortie quelques jours seulement après l'obtention de son César du meilleur film étranger (on m’objectera qu’il s’agit du plus pur hasard. Il n’empêche...). Des fois que certains aient besoin qu'on attire leur attention sur le meilleur long-métrage de 2008...

Relatant la guerre du Liban et plus particulièrement le massacre de Sabra et Chatila tels qu'il les vécut à l'époque sous l'uniforme israélien, Ari Folman, loin de se cantonner à une banale retranscription des faits, prend le risque de l’innovation tant formelle que narrative.
Illustrant sa chronique de guerre passée au prisme de la psychanalyse (le film décrit la lente récupération par le personnage principal de ses souvenirs d’époque réfoulés) par rien moins que l'invention d'un nouveau genre.

Quelque chose qu’on pourrait qualifier de « documentaire animé », dont l’étonnant parti-pris graphique sert idéalement le récit sans jamais l’étouffer.
Qui, grace à son paradoxal mélange des genres, permet d’allier la réalité la plus brute à la distance permettant d’en rendre compte et ainsi offrir idéal écrin aux inoubliables visions du cinéaste (faites d’apartés oniriques, d’envolées surréalistes et d’une bande-son décalée qui traduit mieux que tout autre apport le trouble intérieur du narrateur).

Choix osés qui aboutissent à une oeuvre si puissante qu’elle ne ressemble à tout simplement rien de déjà vu.
Une expérience troublante dont il est difficile de sortir indemne (les dernières séquences, à serrer la gorge, laissant proprement k.o.) et qui note l’émergeance d’une singulière voix, unique en son genre.

Un "must see" à ce point impressionnant qu’on promet, s'il concrétise les promesses entrevues ici, le plus brillant avenir à son auteur.
Même qu'on n'adressera désormais plus la parole à ceux qui ne l’ont pas vu - et encore moins à ceux qui ne l'ont pas aimé.

Ouais, on est comme ça à Globulle...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

et la bd, est-ce qu'elle est à la hauteur du film?
beuzno

le libraire a dit…

la version papier n'apporte pas beaucoup d'intérêt surtout si on a vu le film.
Casterman a juste repris les images et malheureusement on ne retrouve pas l'émotion du documentaire. dommage!